Barème kilométrique 2026 : salariés, indépendants, BNC

13 Oct 2026
Budget assurance
14 minutes
2729 mots
Barème kilométrique 2026 : salariés, indépendants, BNC

12 min de lecture

4,8sur 5552 votes

  • 5,5Klecteurs
  • 42en ce moment
  • 141partages

Le barème kilométrique est un forfait publié par l’administration fiscale. Il sert à évaluer ce qu’un véhicule coûte à son propriétaire lorsqu’il roule pour des raisons professionnelles. Son intérêt tient en une phrase : il évite de conserver et d’additionner chaque ticket de carburant, chaque facture de garage et chaque prime d’assurance. Le contribuable applique un coefficient à sa distance annuelle, et le calcul est terminé.

Encore faut-il choisir la bonne grille, la bonne puissance administrative et la bonne tranche de kilométrage. C’est là que les erreurs se glissent, et qu’une approximation peut coûter plusieurs centaines d’euros, dans un sens comme dans l’autre.

Barème kilométrique 2026 : ce qui change, et ce qui reste identique

La réponse tient en une ligne : rien ne bouge. Les taux publiés pour 2026 sont les mêmes que ceux de 2025, eux-mêmes hérités de l’arrêté de mars 2023. Cette année-là, les montants avaient été relevés de 5,4 % pour tenir compte de la flambée des prix des carburants et de l’entretien. Depuis, la grille est reconduite telle quelle à chaque exercice.

Concrètement, deux usages cohabitent. D’un côté, le barème sert de référence aux employeurs qui versent des indemnités kilométriques à leurs salariés : dans la limite des plafonds, ces remboursements échappent aux cotisations sociales. De l’autre, il sert aux particuliers qui déduisent leurs frais réels, qu’ils soient salariés, artisans, commerçants ou membres d’une profession libérale.

Un point surprend souvent : la grille ne fait aucune différence entre un moteur essence, un diesel, un hybride, un véhicule à hydrogène ou une voiture électrique. Seule la puissance administrative exprimée en CV entre en compte. Un conducteur de citadine électrique de 4 CV applique donc exactement le même coefficient qu’un conducteur de berline essence de 4 CV.

Ce qu’il faut retenir pour agir : inutile d’attendre une hypothétique mise à jour en cours d’année. Les taux connus aujourd’hui sont ceux qui serviront à la déclaration des revenus 2025, et ils resteront valables pour les indemnités versées en 2026. Le calcul peut donc être lancé sans attendre.

Qui peut utiliser le barème kilométrique 2026

Le barème n’est pas réservé à une catégorie. Il s’adresse à toute personne qui engage des frais de déplacement pour son activité et qui doit les faire reconnaître fiscalement. La différence se joue sur le régime d’imposition, pas sur le nombre de kilomètres.

Les salariés du privé et les agents publics peuvent opter pour la déduction des frais réels. Ils renoncent alors à la déduction forfaitaire de 10 % appliquée automatiquement sur leur salaire. Ce choix se fait chaque année, au moment de la déclaration, et se compare au montant que le barème permettrait d’obtenir.

Les travailleurs indépendants relevant des bénéfices industriels et commerciaux déduisent leurs frais professionnels réels dans leur comptabilité. Les professions libérales et les titulaires de bénéfices non commerciaux procèdent de la même façon, mais sur la déclaration 2035, avec un formulaire dédié aux frais professionnels.

Les conditions portent surtout sur le véhicule. Il doit être utilisé pour l’activité, qu’il appartienne au contribuable, à son conjoint, à une société dont il est dirigeant, ou qu’il soit pris en location longue durée. Le cas du véhicule détenu en indivision, fréquent après une succession, est admis : chaque copropriétaire peut déduire la part de frais correspondant à son usage professionnel.

À l’inverse, les micro-entrepreneurs ne déduisent pas leurs frais réels. Leur régime repose sur un abattement forfaitaire calculé sur le chiffre d’affaires, et le barème kilométrique ne s’y ajoute pas. De même, un salarié dont l’employeur rembourse déjà les déplacements ne peut pas déduire deux fois les mêmes sommes : seule la différence non remboursée ouvre droit à déduction.

Pour beaucoup de foyers, le poste automobile reste le premier levier d’économie, et savoir comment réduire sa facture d’assurance sans fragiliser ses garanties pèse souvent plus lourd dans le budget annuel que quelques euros de barème. Le calcul fiscal et la renégociation du contrat se mènent d’ailleurs bien mieux ensemble.

Comment calculer ses frais kilométriques avec le barème 2026

Trois données suffisent : la distance annuelle, la puissance administrative du véhicule et la tranche dans laquelle tombe cette distance. Le reste est de l’arithmétique.

La distance à retenir est le total des kilomètres parcourus dans l’année pour l’activité professionnelle, en incluant les trajets entre le domicile et le lieu de travail. Un aller-retour compte pour deux fois la distance séparant les deux points. Une tournée de clientèle, un déplacement vers un chantier ou un rendez-vous extérieur entrent dans le même total.

La puissance administrative figure en case P.6 de la carte grise, exprimée en chevaux fiscaux. C’est ce nombre de CV, et non la puissance réelle du moteur, qui détermine la colonne à utiliser. Une voiture de 5 CV n’entre pas dans la même ligne qu’une voiture de 6 CV, même si leurs performances sont proches.

Le barème fonctionne ensuite par paliers. Jusqu’à 5 000 kilomètres annuels, on multiplie simplement la distance par le coefficient de la première colonne. Entre 5 001 et 20 000 kilomètres, le calcul devient une multiplication suivie d’un ajout forfaitaire. Au-delà de 20 000 kilomètres, on revient à une multiplication simple, avec un coefficient plus faible. Ce mécanisme explique pourquoi un gros rouleur ne déduit pas proportionnellement plus qu’un conducteur moyen.

Une règle de distance mérite une attention particulière. Les trajets domicile-travail sont pris en compte intégralement lorsque le logement se situe à 40 kilomètres ou moins du lieu de travail, soit 80 kilomètres aller-retour. Au-delà de cette limite, l’excédent n’est admis que si le contribuable justifie de circonstances particulières, par exemple un logement éloigné pour des raisons familiales ou professionnelles. Cette règle vaut pour les salariés comme pour les indépendants qui exercent sur un site fixe.

Pour agir : relevez le nombre de CV sur la carte grise, tenez un relevé mensuel des kilomètres professionnels, puis appliquez la colonne correspondant à votre tranche. Un tableur suffit, à condition de le mettre à jour au fil de l’année plutôt qu’au dernier moment.

Tableaux du barème 2026 par véhicule

Les grilles ci-dessous sont celles en vigueur pour 2026. Elles reprennent les taux reconduits depuis 2023. La lettre d représente la distance annuelle parcourue, exprimée en kilomètres.

Voitures particulières

Puissance administrativeJusqu’à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd x 0,529(d x 0,316) + 1 065d x 0,370
4 CVd x 0,606(d x 0,340) + 1 330d x 0,374
5 CVd x 0,636(d x 0,357) + 1 395d x 0,374
6 CVd x 0,665(d x 0,374) + 1 457d x 0,394
7 CV et plusd x 0,697(d x 0,394) + 1 515d x 0,427

Lecture rapide : pour 3 000 kilomètres avec une voiture de 3 CV, on multiplie 3 000 par 0,529, soit 1 587 euros. Pour 12 000 kilomètres avec une voiture de 4 CV, on calcule 12 000 multiplié par 0,340, puis on ajoute 1 330 euros.

Deux-roues de plus de 50 cm3

Puissance administrativeJusqu’à 3 000 kmDe 3 001 à 6 000 kmAu-delà de 6 000 km
1 ou 2 CVd x 0,395(d x 0,099) + 891d x 0,248
3, 4 ou 5 CVd x 0,468(d x 0,082) + 1 158d x 0,275
Plus de 5 CVd x 0,606(d x 0,079) + 1 479d x 0,343

Les cyclomoteurs de moins de 50 cm3 relèvent d’une ligne unique : la distance est multipliée par 0,315, quelle que soit la cylindrée. Un scooter de 125 cm3 reste en revanche un deux-roues de plus de 50 cm3 et suit la grille ci-dessus.

Un point souvent ignoré : pour les deux-roues, le loyer de location du véhicule peut être couvert par le barème lorsque le deux-roues est pris en location. Cette particularité n’existe pas de la même manière pour les voitures. Avant de calculer, vérifiez donc la cylindrée réelle de votre deux-roues : elle détermine la colonne, et une erreur de lecture se traduit directement en euros.

Frais couverts, frais ajoutables et justificatifs à conserver

Le barème est un forfait, ce qui signifie qu’il englobe un ensemble de dépenses sans qu’il soit besoin d’en détailler le montant. Il couvre le carburant ou l’électricité, l’entretien courant, les réparations, les pneumatiques, l’assurance du véhicule et sa dépréciation liée à l’usage professionnel.

Certaines dépenses restent extérieures au forfait et peuvent être ajoutées, à condition de pouvoir les justifier. Il s’agit principalement des péages, des frais de stationnement, des frais de garage et, dans certains cas, des intérêts d’emprunt contractés pour l’achat du véhicule, à hauteur de la part professionnelle. Les frais de repas pris en déplacement suivent leurs propres règles et ne se confondent pas avec le barème.

À l’inverse, il n’est pas possible d’ajouter au barème les dépenses qu’il couvre déjà. Ajouter une facture de vidange ou une prime d’assurance revient à déduire deux fois la même chose, ce que l’administration rectifie sans difficulté. Les amendes, contraventions et frais purement personnels sont également exclus.

Les justificatifs à conserver ne sont pas ceux que l’on imagine. Puisque le barème est forfaitaire, les factures de carburant n’ont pas à être produites. En revanche, il faut pouvoir démontrer la réalité des trajets : carte grise du véhicule, attestation d’assurance, relevé des déplacements, agenda professionnel, ordres de mission, et pour les indépendants un état récapitulatif cohérent avec la comptabilité.

Les trajets scolaires des enfants s’ajoutent aux trajets professionnels et brouillent parfois les relevés. Vérifier ce que couvre réellement une assurance scolaire aide à distinguer ce qui relève de la couverture familiale et ce qui relève du contrat auto, sans payer deux fois le même risque.

En pratique : ouvrez un dossier par exercice, conservez les pièces pendant au moins trois ans, et notez les déplacements au jour le jour. Un carnet tenu à la main vaut mieux qu’une reconstitution de mémoire en avril.

Exemples de calcul, cas particuliers et arbitrage fiscal

Trois situations chiffrées

Premier cas : un salarié parcourt 12 000 kilomètres professionnels avec une voiture de 4 CV. La distance tombe dans la deuxième tranche. Le calcul donne 12 000 multiplié par 0,340, soit 4 080 euros, auxquels s’ajoutent 1 330 euros. La déduction atteint 5 410 euros.

Deuxième cas : une infirmière libérale roule 25 000 kilomètres avec une voiture de 3 CV. La troisième tranche s’applique : 25 000 multiplié par 0,370, soit 9 250 euros. Aucun forfait ne s’ajoute.

Troisième cas : un professionnel libéral utilise une moto de 4 CV sur 8 000 kilomètres. La deuxième tranche des deux-roues s’applique : 8 000 multiplié par 0,082, soit 656 euros, plus 1 158 euros, ce qui donne 1 814 euros. Le loyer de location de la moto peut venir s’ajouter sous conditions.

Cas particuliers : plusieurs véhicules, plusieurs employeurs, télétravail

Un foyer qui utilise deux véhicules pour l’activité professionnelle ne doit pas appliquer la grille séparément à chacun. Les kilomètres se cumulent avant le calcul, ce qui évite de faire repartir chaque véhicule de la première tranche et de gonfler artificiellement la déduction. La puissance retenue est celle du véhicule qui totalise le plus de kilomètres, et le détail mérite d’être vérifié au cas par cas.

Un salarié qui cumule deux employeurs additionne les distances parcourues pour l’ensemble de ses activités. La logique est la même : un seul calcul annuel, une seule grille.

Le télétravail modifie la donne. Les jours travaillés à domicile ne génèrent aucun trajet domicile-travail et ne peuvent donc pas être comptés. Seuls les jours de présence sur site ouvrent droit à déduction. Un salarié en deux jours de télétravail par semaine voit mécaniquement sa base kilométrique réduite, ce qui peut faire basculer l’arbitrage vers la déduction forfaitaire de 10 %.

Le partage d’un véhicule entre conjoints est admis, mais il suppose de documenter précisément qui utilise le véhicule et quand. Sans relevé distinct, l’administration peut considérer que le même kilométrage est compté deux fois.

Frais réels ou déduction forfaitaire de 10 % : comment trancher

La déduction forfaitaire de 10 % s’applique automatiquement au salaire, avec un plancher et un plafond fixés chaque année. Elle ne demande aucun justificatif et convient aux salariés dont les frais de déplacement sont modestes.

L’option pour les frais réels suppose de renoncer à cet abattement et de déclarer l’ensemble des frais professionnels, y compris ceux qui ont été remboursés par l’employeur. Le calcul est global : on ne peut pas conserver l’abattement de 10 % sur une partie du revenu et déduire des frais réels sur l’autre.

La comparaison est simple. Si le montant obtenu avec le barème dépasse l’abattement forfaitaire, l’option pour les frais réels est intéressante. Dans le cas contraire, elle fait perdre de l’argent. Un salarié qui roule peu, ou qui travaille près de chez lui, a donc souvent intérêt à laisser faire le forfait.

Un effet secondaire mérite d’être connu : déduire des frais réels fait baisser le revenu imposable, mais aussi le revenu fiscal de référence. Ce changement peut jouer sur certains droits ou certaines aides, dans un sens favorable comme défavorable. Mieux vaut le vérifier avant de valider sa déclaration.

Quand le véhicule est financé par un prêt, la protection du conjoint compte autant que la déduction. La couverture emprunteur qui protège la famille en cas de coup dur mérite d’être relue en même temps que le dossier fiscal, car les deux sujets touchent au même budget familial.

Pour agir : calculez les deux scénarios sur une feuille, abattement de 10 % d’un côté, barème de l’autre, et retenez le plus favorable. Refaites l’exercice chaque année, car un déménagement, un changement de poste ou un passage au télétravail suffit à inverser le résultat.

Une famille qui compare ses contrats y gagne à regarder ensemble auto, habitation et santé : choisir une mutuelle familiale adaptée à son foyer fait souvent plus pour le budget que rogner sur les garanties. Le barème kilométrique reste un outil fiscal, pas une stratégie d’ensemble.

Le barème kilométrique 2026 a-t-il été revalorisé ?

Non. Les taux applicables en 2026 sont identiques à ceux de 2025. La dernière revalorisation remonte à l’arrêté de mars 2023, qui avait augmenté les montants de 5,4 %. Depuis, la grille est reconduite sans changement.

Peut-on utiliser le barème kilométrique quand on est en micro-entreprise ?

Non. Le régime micro repose sur un abattement forfaitaire calculé sur le chiffre d’affaires, et les frais réels ne s’y ajoutent pas. Un micro-entrepreneur ne peut donc pas déduire ses kilomètres avec ce barème. Le passage à un régime réel est en revanche possible, et ouvre droit à la déduction des frais professionnels.

Les péages et le stationnement sont-ils couverts par le barème ?

Non, ils restent extérieurs au forfait. Ils peuvent être ajoutés à la déduction, à condition de conserver les justificatifs correspondants. Il en va de même pour les frais de garage et, sous conditions, pour les intérêts d’emprunt liés à l’achat du véhicule.

Que se passe-t-il si l’employeur rembourse déjà une partie des frais ?

Les sommes remboursées se déduisent de celles déclarées. Seule la part non couverte par l’employeur peut être portée en frais réels. Déclarer l’intégralité des kilométrages tout en encaissant des indemnités revient à déduire deux fois la même dépense.

Peut-on déduire les trajets domicile-travail avec le barème ?

Oui, pour les salariés qui optent pour les frais réels. La distance est prise en compte intégralement jusqu’à 40 kilomètres entre le domicile et le travail, soit 80 kilomètres aller-retour. Au-delà, l’excédent doit être justifié par des circonstances particulières.

Faut-il garder les factures de carburant quand on utilise le barème ?

Non, le barème étant forfaitaire, les factures de carburant, d’entretien et d’assurance ne sont pas exigées. En revanche, il faut pouvoir justifier la réalité des trajets : carte grise, attestation d’assurance, relevé des déplacements et agenda professionnel. Ces pièces doivent être conservées plusieurs années.

Un véhicule électrique ou hybride bénéficie-t-il d’un barème spécifique ?

Non. La grille ne distingue pas le type d’énergie. Un véhicule électrique, hybride, à hydrogène ou thermique suit la même colonne, déterminée par sa puissance administrative en CV. Seule cette puissance, lue en case P.6 de la carte grise, compte.

Le barème s’applique-t-il aux frais engagés en 2025 ou en 2026 ?

Les deux, mais pas au même titre. La grille publiée pour 2026 sert à la déclaration des revenus perçus en 2025, déposée en 2026. Elle sert aussi aux indemnités kilométriques versées par les employeurs au cours de l’année 2026. Comme les taux sont stables, la distinction reste sans conséquence pratique.

L’auteur

Awa Blanchard

Juriste en droit des assurances

Je relis les conditions générales que personne ne lit et je repère les exclusions qui font mal au moment du sinistre. Mon objectif est simple : que vous sachiez ce qui est couvert avant de signer.

Voir tous ses articles

Votre avis compte

Cet article vous a-t-il été utile ?

4,8sur 5552 votes

Notez cet article :

Commentaires

Soyez le premier à réagir.

Titre de l’article:Barème kilométrique 2026 : salariés, indépendants, BNC
Auteur de l’article:La redaction
Date de publication:13 Oct 2026
Assurance et Famille

Et maintenant, on lit quoi ?

Cherchez parmi les articles du magazine.